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Cest ce que pourrait laisser penser l’intensité des échanges entre le gouvernement et une coalition où l’on retrouve l’Académie des sciences, les syndicats, Sciences en marche et un collectif de 660 directeurs de laboratoire. Ces derniers martèlent qu’il faut changer le crédit d’impôt recherche (CIR), le diminuer de 2 milliards, précisent
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Cétait le cas de la France, de la Suède, du Brésil et de la Chine nationaliste : ils étaient plutôt vus comme des « pays victimes » du trafic de drogues, et prônaient la validité du commerce de la drogue seulement à des fins médicales et scientifiques. Certains pays d'Afrique, d'Amérique latine, ainsi que le Luxembourg et le Vatican composaient le groupe de «
mhG3n. Catégorie incroyable, mais vrai» un des dessins produits par le gouvernement pour illustrer les signes ostentatoires» et non ostentatoires»La proposition officielle d’une Charte des valeurs québécoises est une réplique parfaite des fuites médiatiques des dernières semaines. Ce qui confirme, pour ceux qui en doutaient encore, qu’elles étaient savamment orchestrées par le gouvernement lui-même. Le ministre Bernard Drainville propose donc, comme on s’y attendait, une Charte à deux volets et à deux vitesses. Un premier volet suggère une série de balises pour gérer les demandes d’accommodements religieux dans les institutions publiques. Pour le détail complexe, voir le nouveau site gouvernemental dédié au Malgré quelques bémols, cette initiative fait consensus au Québec. Le gouvernement Charest ayant refusé d’agir sur ce terrain après la commission Bouchard-Taylor, même les administrateurs publics le réclament depuis des années. Non pas – contrairement à ce que dit le ministre -, parce qu’il y a crise» ou que la paix sociale» serait menacée, mais parce que sans balises uniformisées, plusieurs cas documentés ont démontré la difficulté réelle à gérer ces demandes au cas par cas. La Tour de Babel Le ver dans la pomme, on le trouve dans le second volet de la proposition du ministre Drainville. Comme les fuites l’avaient annoncé, il met au jeu une interdiction élargie du port de signes religieux dans la fonction publique et parapublique. Y compris au municipal. Le tout à géométrie extrêmement variable. Ainsi, les conseils d’administration de certains organismes ou institutions pourraient faire une demande de retrait» renouvelable aux cinq ans. Nul doute qu’un tel régime accoucherait d’une véritable Tour de Babel. Une fonction publique fractionnée entre employés ayant droit» de porter un signe religieux et employés à qui on le refuserait. Une ou un fonctionnaire aurait le droit» de porter un signe religieux à un endroit, mais pas à un autre. Les élus, provinciaux et municipaux, eux, seraient exemptés de toute interdiction. Tant qu’à pratiquer l’arbitraire, aussi bien se réserver la moindre contrainte pour soi-même, n’est-ce pas?… Les exemples de combinaisons possibles, plus farfelues et discriminatoires les unes que les autres, ne manqueront sûrement pas dans ce supposé débat». Dans la fonction publique et parapublique – dépendant de la géométrie variable du moment – une infirmière se verrait interdire son hijab ici, mais pas là . Un musulman portant la barbe pour signifier sa foi, lui, la conserverait ici ET là . Par contre, lance le ministre dans son infinie bonté, de petits bijoux discrets en forme de croix, d’étoile de David ou de croissant musulman – du genre bagues, boucles d’oreilles ou petits pendentifs -, seraient permis. Un vrai Klondike pour les bijoutiers faisant dans le religieux /sic/. Absurde, en effet. L’archiviste travaillant dans un hôpital qui ne se serait pas prévalu de son droit de retrait» se verrait quant à elle invitée» à retirer la croix qu’elle porte au cou si jugée, par on ne sait trop qui, trop ostentatoire». Pendant ce temps, les crucifix seraient conservés sur les mêmes murs du même hôpital pour des raisons patrimoniales». Kafka, rencontrez les Monty Python… Après tout, si c’est bon pour le crucifix de l’Assemblée nationale, ce le serait sûrement pour ceux des murs d’hôpitaux. Bref, l’incohérence et l’absurde s’ajouteraient à l’arbitraire. Bravo pour votre beau programme. Tout ça pour ça? Au-delà des exemples sans fin, ce qui fait le plus problème n’est pas anodin. Pour justifier une interdiction aussi élargie qu’arbitraire du port de signes religieux, le gouvernement Marois se devait de démontrer aux Québecois l’existence documentée d’un problème commandant une telle politique. Le fardeau de la preuve reposait sur ses épaules. En annonçant sa proposition, il devait faire la preuve que le port de signes religieux par une minorité d’employés de l’État menacerait la neutralité religieuse de l’État. Et il devait prouver qu’il la menacerait de manière à exiger le remède» de cheval qu’il propose. Or, il ne l’a pas fait. Ce manquement est grave parce que bien au-delà des débats entre laïcité dite ouverte» et fermée», entre multiculturalistes» et interculturalistes» ou entre juristes pro-Charte des droits canadienne» et pro-Charte québécoise des droits de la personne», la première question à mériter réponse est précisément celle-là Le port de signes religieux par une minorité d’employés de l’État met-il ou non en danger la neutralité religieuse de l’État, l’égalité homme-femme et le vouloir-vivre ensemble québécois? À cette question fondamentale, le gouvernement n’offre aucune réponse autre que de parler de perceptions» et d’impressions». Or, on ne base pas des politiques publiques sur des impressions». Le gouvernement se devait aussi de faire la preuve que le port d’un signe religieux par un employé de l’État viserait en fait, dixit le ministre, à envoyer un message religieux» tout en risquant de miner sa crédibilité» dans l’exercice de ses fonctions et de verser dans le prosélytisme» religieux. Ses mots sont tout de même lourds de sens. Il ne l’a pas fait. Silence radio. À l’opposé, en 1977, le gouvernement Lévesque livrait aux Québécois une démonstration étayée de la nécessité, voire de l’urgence, d’une véritable Charte de la langue française assortie de plusieurs mesures coercitives. Voir ici. Sa politique diviserait nécessairement les Québécois francophones, anglophones et allophones, mais elle était nécessaire. Et pourtant, pour sa Charte des valeurs» qu’il présente comme étant la loi 101» des valeurs, le gouvernement Marois n’a soumis au jugement des Québécois aucune démonstration factuelle et objective de la nécessité d’interdire les signes religieux. Il ne l’a pas fait pour deux raisons. Primo parce que cette preuve n’existe pas. Secundo parce que surfant sur une position déjà populaire dans les sondages, il ne sent aucunement le besoin de prouver la nécessité objective de sa proposition. Le ministre Drainville reconnaît même n’avoir aucune idée du nombre d’employés qui seraient visés par cette interdiction. De toute évidence, le gouvernement n’a pas fait ses devoirs et c’est bien volontaire de sa part. La bouée électorale Sa motivation première saute aux yeux. Cette proposition populaire d’interdire le port des signes religieux dans les institutions publiques est une bouée électorale souhaitée pour le gouvernement Marois. J’en expliquais ici les raisons. J’y rappelais aussi le petit côté déjà vu» de cette stratégie. Reprise en 2012 sous forme d’engagement électoral – quoique la plateforme promettait une Charte de la laïcité et non de valeurs québécoises -, l’idée date en fait de 2007 En 2007, la situation pour le Parti québécois était bien pire encore. Il croupissait à l’Assemblée nationale au rang de 3e parti depuis l’élection du 27 mars sous la direction d’André Boisclair. Le PQ n’avait récolté que 28% des voix alors que l’ADQ de Mario Dumont lui ravissait le statut d’opposition officielle. Après la démission attendue de M. Boisclair, Mme Marois lui succédait en juin et opérait un double choix stratégique important 1 La mise de côté de tout échéancier ou engagement référendaire dans l’éventualité d’un retour au pouvoir. 2 En lieu et place, le PQ adoptait un positionnement moins pro-actif sur la souveraineté, mais plus nationaliste. Sa recette se présenter à l’électorat francophone comme l’ultime défenseur de l’identité québécoise. Au PQ, c’était l’heure du grand retour du vocable Nous» comme leitmotiv – un Nous avec un N majuscule…» Si sa Charte des valeurs» ne faisait pas à nouveau office de bouée électorale, le gouvernement Marois – minoritaire qu’il est -, se serait contenté d’un encadrement nécessaire des demandes d’accommodements religieux. Ce qui, considérant l’inaction crasse de Jean Charest dans ce domaine, contribuerait nettement plus et mieux au vouloir-vivre ensemble» québécois. Or, en allant aussi sur le terrain miné des signes religieux à quelques mois d’une possible élection générale – tout en le faisant à géométrie variable pour bien épaissir la sauce identitaire -, le gouvernement sait que sa proposition, telle que présentée, ne sera jamais adoptée d’ici-là . En fait, c’est peut-être même ce qu’il souhaite. Il pourrait ainsi se présenter à la prochaine campagne électorale comme le seul parti capable de livrer» cette marchandise populaire. A la condition, bien sûr, que les électeurs lui donnent une majorité de sièges. Entre temps, il n’épargnera aucun effort dans ce sens. Sa campagne publicitaire à elle seule coûtera 1,9 millions de dollars en fonds publics. Quant au ministre Drainville, son jupon électoraliste dépasse jusqu’aux chevilles lorsqu’il appelle directement les Québécois à se mettre au téléphone» pour convaincre les députés récalcitrants. Donc, les libéraux, les caquistes et les deux élus de Québec solidaire… Scinder ou ne pas scinder? En fait, même s’il venait à scinder son éventuel projet de loi en deux projets distincts – un sur les demandes d’accommodements et un autre sur les signes religieux -, ça ne changerait rien à sa stratégie globale. Le volet signes religieux» dans sa mouture actuelle étant promis à un enterrement de premier ordre à l’Assemblée nationale, il lui servirait tout autant de grand thème électoral. Pas le seul, mais bougrement important. Pour le dessert, le gouvernement servirait aux Québécois une brochette de hauts-cris prévisibles poussés en choeur par les partis fédéraux. Le tout, accompagnée de son coulis d’éditoriaux hystériques et tout aussi prévisibles traitant le Québec dans son entier de xénophobe et de raciste. Au digestif, il se présenterait enfin aux électeurs comme le grand défenseur de l’identité québécoise. Le seul capable de résister à ces hordes de négationnistes des valeurs» québécoises. Bref, pour le gouvernement péquiste, c’est gagnant-gagnant». Du moins, c’est son plan de match souhaité. Pour quelques votes de plus Au-delà de l’habilité tactique indéniable, il y aura toutefois un prix à payer pour cette poignée de votes en plus pour le Parti québécois. Le débat sera acrimonieux. Parce que le gouvernement n’a livré aucune preuve de la nécessité de l’interdiction du port de signes religieux, l’opinion se scindera en deux blocs monolithiques un pour et un contre. L’électorat ne sera pas autant divisé» qu’il sera polarisé. Comme je l’avançais ici, avec l’interdiction des signes religieux, le Parti québécois semble avoir trouvé sa propre politique de division» électoraliste – son wedge politics issue», comme disent les Anglais Rappelons que le wedge politics» – ou stratégie de division – est un grand classique bien connu des analystes et des stratèges politiques. .. La politique de la division», c’est tenir une position inflexible sur un sujet fort et contentieux qui divise et polarise l’opinion publique; qui oppose le parti la défendant à celle des partis adversaires; et, enfin, qui l’aide à consolider sa propre base. … cette stratégie, lorsque utilisée, l’est souvent par un parti quand une élection se pointe à l’horizon et qu’elle se promet d’être une lutte serrée.» S’il est vrai que Stephen Harper est un virtuose de la politique de division, au Québec, Jean Charest l’aura aussi pratiquée avec brio. Exemple en s’entêtant à refuser de régler de manière honorable la question des droits de scolarité, Jean Charest avait choisi sciemment d’alimenter la crise. En 2012 – non sans hasard, une année électorale – sa confrontation ouverte avec un mouvement étudiant que son gouvernement libéral associait volontairement et à répétition à la violence et l’intimidation» – aura polarisé l’opinion publique à l’extrême. Ajoutant une solide dose de provocation, il poussait même l’enveloppe jusqu’à adopter une loi spéciale» limitant les libertés fondamentales d’association et de réunion pacifique. Le résultat fut à l’avenant. Un bloc de Québécois croyait que ces enfants gâtés» menaçaient la paix sociale. L’autre était persuadé que l’accessibilité aux études supérieures était menacée comme jamais. Dans les médias sociaux, la polarisation menait à une véritable guerre de tranchées entre carrés verts» et rouges». Quand les médias sociaux s’enflamment autant, que les partis politiques y envoient leurs mercenaires en grand nombre et que les attaques personnelles pleuvent, ça sent le wedge politics» à plein nez. C’est ce qui s’est passé lors du Printemps étudiant et non par hasard, c’est ce qui se passe depuis les premières fuites sur la Charte des valeurs. Alors que le ministre Drainville dit souhaiter un débat serein et respectueux, son pugnace collègue de l’Environnement postait ce message contraire sur son fil twitter quelques heures à peine après sa conférence de presse Intéressant de voir des personnalités publiques sacrifier tant de leur capital de confiance à la démagogie pour faire obstacle à la charte.» Pas très édifiant pour un ministre. Dans ce type d’enjeu aussi polarisé que polarisant, on ne s’en sort pas, pour certains, le monde devient instantanément noir et blanc. Les méchants d’un côté et les bons, de l’autre. Tout dépend, bien entendu, de la perspective… En 2012, le PLQ n’hésita aucunement à se livrer à ce sport prisé du wedge politics» en instrumentalisant la grève étudiante à des fins électoralistes. La stratégie fut d’ailleurs d’une efficacité redoutable. Se présentant comme le gardien de la loi et l’ordre», Jean Charest livrerait à son parti une défaite remarquablement honorable dans les circonstances. Malgré trois mandats et neuf longues années au pouvoir – sans compter les allégations de corruption – le PLQ récolterait 31,20% des voix contre les 31,95% du PQ. Et ce, avec un taux de participation élevé de 75%. La wedge politics» de Jean Charest n’aura certes pas livré un quatrième mandat aux libéraux. À l’impossible, nul n’est tenu. Mais en martelant à satiété son message polarisant à la mythique majorité silencieuse», l’ex-chef libéral aura contribué à priver le PQ d’une majorité. Le prix à payer pour la société québécoise, quant à lui, fut élevé. À entendre aujourd’hui le ministre Drainville implorer les Québécois d’appeler les députés opposés à sa proposition pour leur dire leur désaccord, on dirait bien que la même majorité silencieuse» reprend du service… Et l’option souverainiste dans tout ça? Avec son virage identitaire enclenché en 2007, le Parti québécois trouvait en fait une nouvelle sortie de secours. Son option, encore une fois, devenant accessoire. Après les fameuses conditions gagnantes» que Lucien Bouchard, une fois premier ministre, ne semblait jamais voir ou vouloir utiliser pour faire avancer l’option souverainiste, le PQ troquait l’avancement de son option pour un positionnement nationaliste/identitaire. Du genre ADQ +. En 2011, de sérieuses inquiétudes s’exprimèrent au sein du mouvement souverainiste à la faveur d’une crise majeure au PQ. Le premier signe en fut la démission des députés Lisette Lapointe, Pierre Curzi, Jean-Martin Aussant et Louise Beaudoin. Sans compter le divorce politique fracassant entre Jacques Parizeau et Pauline Marois. À l’été 2011, la création du Nouveau Mouvement pour le Québec NMQ scellait le tout. Dans leur manifeste fondateur, ces souverainistes qualifiaient carrément le PQ de parti usé» et confus». Déjà , il voyaient la tentative du PQ de réveiller» le sentiment identitaire – au lieu de plancher sur l’avancement positif de son option -, comme une chasse puérile aux conflits. Et surtout, comme un excellent moyen de détourner la population du projet souverainiste». En effet, non seulement ce virage divisait déjà les souverainistes entre eux – ce que le projet du ministre Drainville réussit encore à merveille -, il risquait aussi d’éloigner encore plus les communautés culturelles du projet souverainiste. Pour quelques votes de plus à l’élection, combien cette Charte finira-t-elle par coûter à une option souverainiste déjà vacillante? Le temps saura bien le dire. Le risque, par contre, est réel. Le PQ semble même préférer sa Charte des valeurs à la nécessité, bien plus réelle que d’interdire des signes religieux, d’augmenter considérablement les ressources humaines et financières pour l’intégration linguistique des nouveaux arrivants. Cette mesure serait pourtant nettement plus efficace pour le vouloir-vivre» ensemble québécois. Un voyant jaune oublié En fait, cette inquiétude au sein même du mouvement souverainiste s’exprimait dès 2007, au moment du virage identitaire du Parti québécois. Déjà , le PQ proposait une fonction publique et parapublique exempte de tout symbole religieux, obligeant les employés de l’État à laisser leur turban, kippa ou hidjab sur le pas de la porte des écoles, hôpitaux, centres de la petite enfance et autres ministères». L’idée provoquerait cette réaction sentie sous forme d’une lettre ouverte dans les pages du Devoir Nous … croyons qu’il est important que le Québec puisse débattre sur les fondements de son identité. … Ce débat, nous en sommes convaincus, fera valoir la nécessité pour le Québec de devenir un pays, soit, par conséquent, de réaliser la souveraineté. Cependant, c’est avec inquiétude que nous constatons la dérive du débat sur les accommodements raisonnables. … La question de l’identité québécoise resurgit sous la forme d’un nationalisme identitaire et populiste qui monopolise l’ensemble du débat. Ce type de repli identitaire présente une vision de l’identité nationale qui exige de tous des valeurs et un comportement uniformes. … L’immigrant est présenté comme la principale source de demande d’accommodements, de surcroît pour des motifs religieux. Pourtant, la réalité est tout autre. … Nous tenons à dénoncer l’intolérance, voire l’intégrisme, du discours ambiant. Car la laïcité et les valeurs québécoises sont instrumentalisées, sinon pour éliminer, du moins pour diluer la diversité. … On veut imposer aux employés de l’État une tenue vestimentaire exempte de tout symbole religieux. … Nos libertés de conscience, de religion et de culte sont garanties par les institutions démocratiques et représentatives encadrées par la Charte québécoise des droits et libertés. Elles le sont pour tous, pas seulement pour la seule majorité catholique. Oui à la laïcité, non à l’ostracisme. … Le mouvement souverainiste devrait être le premier à rejeter le projet rétrograde et irréaliste d’un mode de vie autarcique des Québécois. Ne pas le faire nuirait à tous les efforts des dernières années pour rejoindre les Québécois issus de l’immigration. De plus, cela reviendrait à passer à côté des vrais dangers pour la culture québécoise le cadre fédéral et la mondialisation marchande et anglicisante. À trop associer à l’immigration les craintes légitimes de pertes sur le plan culturel, les Québécois risquent encore une fois de manquer le vrai pouvoir la souveraineté. …» Or, qui signaient cette lettre? De dangereux multiculturalistes? Des interculturalistes confus? Des radicaux de la religiosité? Des serviteurs d’intégristes religieux? Des colonisés invertébrés? Eh non. Les signataires étaient membres du Groupe d’action politique des Québécois issus de l’immigration du Parti québécois… Le patrimoine de chez-nous Dans l’incohérence et l’arbitraire inhérents au volet signes religieux» de la proposition» Drainville, on ne saurait ignorer non plus le cas» du crucifix de l’Assemblée nationale. Invitant au débat et jurant la main sur le cœur que cette interdiction de signes religieux ostentatoires» vise à protéger la neutralité religieuse de l’État, Bernard Drainville n’hésite pourtant pas à refermer le même débat du moment où il est question de ce crucifix. Pourquoi? Parce qu’il serait un objet patrimonial» et non religieux. La belle affaire. En fait, comme je persiste à le rappeler depuis des années déjà , ce crucifix n’a rien de patrimonial. Il fut installé au-dessus de la tête du président de l’Assemblée nationale en 1936 par le régime ultraconservateur de Maurice Duplessis. Son but symboliser l’alliance politique du haut-clergé catholique et de l’Union nationale. Sa présence au cœur même du siège de la démocratie québécoise, c’est l’antithèse d’une véritable neutralité religieuse de l’État. Pis encore, ce redoutable duo Duplessis-clergé s’opposait également becs et ongles au droit de vote pour les femmes. Qu’on le laisse trôner ainsi tout en prétendant défendre la neutralité religieuse de l’État et l’égalité hommes-femmes, c’est de l’imposture politique et intellectuelle. Décevant de voir le gouvernement se réclamer de l’exemple français de laïcité – alors que le contexte est tout autre -, mais sans jamais mentionner qu’aucun crucifix ne trône au centre de l’Assemblée nationale française. L’impression laissée par le gouvernement est que sous le prétexte d’être dorénavant baptisée patrimoniale», la religion catholique aurait préséance au Québec dans cette pseudo neutralité religieuse de l’État. Soit dit en passant, comment une religion organisée, richissime et discriminatoire envers la moitié de l’humanité comme la plupart des autres religions organisées, peut-elle être sacrée tout à coup patrimoniale» par des pouvoirs politiques? Serait-ce tourner le dos au passé, comme le prétend le ministre, que de refuser cette catho-laïcité»? Ou ne serait-ce pas plutôt adopter une neutralité cohérente sans renier un passé dont la place est dans les cours d’histoire, de science politique et de sociologie? Le chapelet de l’identité Noyer les balises essentielles pour mieux gérer les demandes d’accommodements religieux dans une vase incohérente et arbitraire d’une interdiction de signes religieux dont la nécessité objective n’est aucunement prouvée est certes une stratégie électoraliste habile. Du moins, à court terme. Le prix à payer par le Québec, par contre, n’en vaut pas la chandelle. Ni pour les Québécois, dont l’opinion polarisée deviendra un pion électoral pour les uns et les autres. Ni pour les intellectuels dont les sorties pourtant articulées sont de plus en plus ridiculisées dans les médias sociaux du moment où ils s’opposent en tout ou partiellement à cette Charte des valeurs. Ni pour la grande région de Montréal. Elle n’avait vraiment pas besoin de ça à l’aube d’une campagne électorale cruciale pour elle. Ni pour des régions que l’on tentera souvent à tort d’opposer à Montréal dans un dossier aussi sensible. Ni pour une fonction publique à laquelle tous les gouvernements souhaitent depuis des décennies qu’elle devienne encore plus représentative de la mixité socio-démographique croissante du Québec. Ni pour un mouvement souverainiste déjà fragile et divisé, lequel risque fort d’en sortir d’autant plus affaibli et écartelé. À force de voir le PQ se chercher des sorties de secours depuis le dernier référendum pour éviter de travailler à l’avancement positif de son option, d’aucuns commenceront à se demander si la chose l’intéresse encore. À force de lâcher la proie de son projet politique pour l’ombre d’une victoire électorale rêvée, d’aucuns finiront aussi par conclure qu’en bout de piste, le pouvoir pour le pouvoir est peut-être devenu ce qui l’intéresse le plus. Si, dans les années suivant le référendum de 1995, les grands esprits» sûrs d’eux-mêmes derrière la Charte des valeurs avaient mis ne serait-ce qu’une fraction de leur habilité stratégique au service de l’option de leur parti, le Québec serait peut-être un pays depuis longtemps… Mais ça, c’est une autre histoire… *** Enfin, il importe de noter que la motivation du gouvernement est essentiellement électoraliste et non pas xénophobe. Il n’y a pas de Front national version québécoise dans notre parlement. Qui plus est, selon certains sondages, l’opinion publique» au Canada anglais serait également divisée sur ces sujets sensibles. Au Québec, par contre, la question se pose autrement. La proposition» d’une interdiction à géométrie variable des signes religieux pour régler un problème» que le gouvernement refuse de démontrer, aura-t-elle malgré tout l’effet d’alimenter un sentiment d’exclusion au sein de certaines communautés québécoises? Bref, sans que sa motivation ne soit xénophobe, son annonce risque-t-elle toutefois de produire le même effet? Y aura-t-il dommages collatéraux sur ce plan majeur du même vouloir-vivre» ensemble? La ligue des droits et libertés exprime déjà cette inquiétude. En cela, elle ne sera ni la première, ni la dernière.
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1La thèse, maintenant classique, développée par John Bowlby en 1958, lors de sa première formulation de la théorie de l’attachement, est que l’attachement du bébé à sa figure d’attachement a pour base un équipement comportemental constitué par un nombre déterminé de réponses instinctives » qui l’orientent vers la figure d’attachement. Bowlby a identifié cinq de ces réponses, qui apportent une contribution spécifique au développement de l’attachement de l’enfant sucer, attraper, suivre comportements de proximité , pleurer et sourire comportements de signalisation. Ces comportements deviennent intégrés et dirigés vers la figure d’attachement au long de la première année de vie, donnant lieu à ce qu’il a désigné comme les comportements d’attachement. En 1969, Bowlby présente une version reformulée de sa thèse initiale, en reconnaissant que des formes plus élaborées de comportements d’attachement peuvent s’organiser dans un système comportemental d’attachement Soares, 1996. 2Le comportement d’attachement, dans ce sens, est conçu comme une forme de comportement, simple ou organisé, qui aboutit à la recherche ou au maintien de la proximité à un individu différencié et préféré. Lorsque cette figure d’attachement paraît disponible, le comportement peut se limiter à une vérification visuelle ou auditive dirigée vers cette figure, et à un échange occasionnel de regards. Cependant, dans certaines circonstances, l’enfant peut s’adonner à la recherche de la figure d’attachement, ou chercher à l’attraper, de façons à éliciter chez elle un comportement de soins careseeking role. Le comportement symétrique du comportement d’attachement, avec une fonction complémentaire de protéger l’individu attaché, est celui de prodiguer les soins caregiving role. Tel est le rôle du caregiver ou d’un autre adulte ; il est dirigé vers un enfant ou un adolescent, mais il peut aussi être mis en évidence chez un adulte ; vis-à -vis d’un autre adulte, spécialement en temps de maladie, de stress, ou d’âge avancé Bowlby, 1980 ; Ainsworth, 1985. Durant l’enfance, la proximité physique et la disponibilité émotionnelle du caregiver sont des facteurs critiques de la qualité du caregiving. De la deuxième enfance à la vie adulte, le fait de savoir que le caregiver est potentiellement disponible devient progressivement aussi efficace que la proximité. 3L’attachement se réfère au lien émotionnel spécifique que le bébé développe avec son caregiver pendant la première année de sa vie Bowlby, 1969/1982 ; 1988. Il se distingue aussi du lien que le caregiver a avec l’enfant et aux processus de liaison qui sont associés aux premières heures de la vie bonding. L’attachement se réfère à la relation qui émerge au fil du temps à partir d’une histoire d’interactions de caregiving [5] Sroufe et Waters 1977. Cette relation peut ne pas être présente dans les premières semaines de vie, vu les limitations du bébé dans la compréhension de soi et des autres. Au contraire, à mesure que les adultes interagissent et s’occupent du bébé pendant la première année de la vie, l’enfant organise son comportement autour de ce caregiver. 4Le long développement de l’attachement de l’enfant envers sa figure d’attachement est une adaptation évolutive essentielle de l’espèce humaine, dans la mesure où les humains, comme les autres primates, naissent vulnérables, mais le restent durant plusieurs années Hrdy, 2000. A la lumière d’une perspective phylogénétique, il a été proposé que le système d’attachement ait évolué pour garantir que les petits enfants et les donneurs de soins soient en proximité physique, de façons à assurer la protection des plus jeunes. La figure d’attachement fonctionne, en principe, comme un havre de sécurité, une source de réconfort et de protection dans un contexte d’activation physiologique ou de menace environnementale, et comme base de sécurité pour l’exploration [6], [7] Bowlby, 1969/ 1982 ; Ainsworth, 1969 ; Ainsworth, Blehar, Waters, et Wall, 1978. Ainsi, dans cette perspective, tous les enfants ont tendance à établir des liens avec des adultes qui s’occupent d’eux et qui leurs sont proches, indépendamment du type de traitement qu’ils reçoivent Bowlby, 1969/1982 ; Sroufe, 1986. Les études éthologiques et humaines suggèrent que l’attachement se développe même dans un contexte de mauvais traitements et de punitions sévères Ainsworth, 1967 ; Belsky et Nezworsky, 1988 ; Carlson, Cicchetti, Burnett, et al., 1989 ; Crittenden, 1981 ; Egelend et Sroufe, 1981 ; Harlow et Harlow, 1965. Dans ces circonstances, c’est la qualité de cette relation d’attachement qui est en cause, et pas sa présence ou son intensité Sroufe et Waters, 1977 ; Ainsworth, 1972. 5Les enfants développent d’abord des relations d’attachement avec une figure d’attachement primaire, figure qui s’insère dans son contexte de caregiving Bowlby, 1969/1982 ; Ainsworth, 1972 ; Rutter, 1981 ; les jeunes enfants peuvent ensuite établir une hiérarchie de ces figures d’attachement, quand il existe plusieurs personnes s’occupant du bébé. Les bébés montrent des comportements d’attachement p. ex. pleurer, s’approcher et obtiennent de la sécurité à partir de figures d’attachement secondaires quand les figures primaires ne sont pas disponibles Harlow, 1963. Cependant, en réponse à un stress important, leur préférence devient claire, avec la nécessité d’une plus grande proximité avec la figure d’attachement primaire. Une fois établi, ce type de relation préférentielle avec la principale figure d’attachement a tendance à se maintenir, et un changement de comportement d’attachement vers une nouvelle personne ou un étranger devient plus difficile. Dans un réseau de personnes s’occupant de l’enfant mère, père, grand-père, la qualité de l’attachement est spécifique de la relation en cause, et se construit au travers des interactions avec chacune de ces personnes Easterbrooks, 1989. 6La disponibilité de la figure d’attachement s’accompagne du développement d’une expérience par l’enfant d’une sécurité de l’attachement l’expérience de la sécurité est associée à une perception de la figure d’attachement comme disponible, et l’anxiété ou l’insécurité est associée à la perception d’une menace face à cette développement des relations d’attachement7Le contexte de vie d’un enfant est une composante absolument déterminante pour le développement des systèmes comportementaux permettant la formation de l’attachement. Théorisant sur ces dénominateurs communs, Bowlby indique – When he is born, an infant is far from being a tabula rasa » 1969/1982, p. 265. Au contraire, le bébé est né équipé avec un nombre de systèmes prêts à être déployés lors des stimulations environnementales. Comme nous l’avons mentionné précédemment, quelques-uns de ces systèmes comportementaux constituent les piliers de sustentation du développement de l’attachement, parmi lesquels nous soulignons l’acte de pleurer, d’attraper, la succion, et l’orientation du nouveau-né. 8Bowlby a postulé que le système de développement de l’attachement se construit en quatre phases, les trois premières se déroulant durant la première année de vie et la quatrième commençant autour du troisième anniversaire de l’ I – Orientation et signaux avec une discrimination limitée des figures 8 à 12 semaines le bébé, n’étant pas capable de différencier les personnes sinon au niveau olfactif et auditif, a tendance à s’orienter de préférence vers les humains en général. Cette tendance, qui promeut et augmente la proximité et le maintien du contact avec ceux-ci, se remarque au travers de comportements instinctifs. L’intensité de ces manifestations comportementales atteint son maximum de sociabilité à douze semaines, puisque c’est le moment où les enfants arrivent déjà à reconnaître la figure humaine et montrent un sourire social intentionnel Ainsworth, et al., 1978.Phase II – Orientation et signaux dirigés vers une ou plusieurs figures différenciées 12 à 24 semaines on assiste à l’apparition d’une réponse différenciée du bébé centrée sur lales figures avec lesquelles il commence à établir une relation particulière. Cette phase n’a pas un début très clair, parce que la différenciation des comportements est progressive et en fonction de certaines figures, et peut se terminer au-delà de six mois selon les III – Maintien de la proximité avec une figure différenciée par locomotion et d’autres signaux 6 à 36 mois. Cette période est caractérisée par des avancées significatives, au niveau du développement moteur, cognitif et socio-émotionnel, dans l’organisation des systèmes comportementaux. Les nouvelles compétences, principalement la locomotion, permettent au bébé une exploration plus intense de son entourage. Une plus grande activation du système d’exploration, à cause de l’augmentation du risque qu’elle comporte pour la sécurité du bébé, rend impérative la structuration du système d’attachement, qui vise à protéger l’ IV – Formation d’un partenariat réciproque corrigé quant au but après 36 mois. Graduellement, on assiste à l’abandon d’une position égocentrée de la part de l’enfant, qui aboutit au moment où il commence à être capable de prendre en compte le point de vue de la figure d’attachement. En conséquence, il peut commencer à penser que ses sentiments et ses motivations, ses buts et ses plans peuvent influencer le comportement de sa figure d’attachement. Dans ce sens, on parle d’un système corrigé quant au but. L’enfant, recourant à une sorte de carte mentale encore élémentaire, commence à concevoir la figure d’attachement comme une personne indépendante, permanente dans le temps et l’espace, se mouvant dans un continuum spatial et temporel de façon plus ou moins prévisible. La qualité de ces expériences interactionnelles particulièrement au niveau du langage, ainsi que les compétences acquises vers la décentration du point de vue de l’enfant, sont en relation avec le succès ou l’échec à soutenir la proximité et la communication avec les figures d’attachement [8] Soares, 1996.Nous pouvons alors concevoir que le développement de l’attachement humain se crée à travers une matrice organisée autour du système de soins de la figure parentale, s’exprimant sous la forme de patterns de régulation dyadiques, dans lesquels le degré de participation de l’enfant est progressivement croissant Sroufe, 1990. 9Dans ce contexte, nous pouvons affirmer que, d’après la théorie de l’attachement, pendant les premières semaines de vie déjà , les bébés initient, soutiennent et mettent fin à des interactions sociales Emde, 1989, bien qu’ils le fassent de façon réflexe, sans intention volontaire. Par exemple, ils se retournent en entendant le son de la voix, prêtant plus d’attention au visage humain et à ses expressions faciales, et ils se calment lors du contact humain Emde, 1989 ; Ainsworth, Bell, et Stayton, 1974. Les capacités des enfants, en elles-mêmes, sont toutefois insuffisantes, car la réponse du caregiver est indispensable pour assurer l’autorégulation du bébé Emde, 1989 ; Berger, 1974 ; Koop, 1982. Les expériences relationnelles du bébé avec sa figure d’attachement primaire s’accroissent progressivement pendant les premiers mois, permettant aussi la maturation des processus cognitifs et la synchronisation au niveau neuronal des liens entre les segments de l’expérience et les attentes du bébé Cicchetti, Ganabian, et Barnett, 1991 ; Collins et DePue, 1992 ; Greenough et Black, 1992 ; Kraemer, 1992 ; Schore, 1994 ; Siegel, 2001. 10De la naissance jusqu’à 3 mois environ, les modèles régulateurs de l’équilibre physiologique s’établissent et s’organisent dans le contexte de la matrice relationnelle primaire. Par essais et erreurs, le caregiver apprend à interpréter et à répondre de façon adaptée aux états fluctuants et aux signaux de l’enfant p. ex. aux pleurs. Ces modèles initiaux de régulation physiologique dans le cadre de la relation de soins servent de prototype pour une régulation psychologique ultérieure Sroufe, 1995. 11Pendant le deuxième trimestre du bébé, le parent augmente la variété, la complexité comportementale de ses échanges affectifs avec l’enfant, en coordonnant ses expressions faciales, ses vocalisations et la présentation d’objets aux réponses et signaux du bébé selon l’expérience qu’il a acquise lors des séquences d’interaction antérieures. Ces modèles d’interactions permettent à l’enfant de maintenir son niveau d’organisation face à l’augmentation de ses niveaux d’activation physiologique Brazelton, Koslowsky, et Main, 1974 ; Sander, 1975 ; Stern, 1974. L’enfant peut initier une activité et participer dans les interactions orchestrées par le caregiver, mais ne peut pas accomplir ou soutenir cette organisation de façon indépendante. Une fois développée, la répétition de ces comportements et de ces échanges affectifs établissent le fondement des interactions initiées par les bébés, lesquelles sont caractéristiques de la prochaine phase d’organisation de l’attachement Sander, 1975 ; Sroufe, 1989. 12Le développement psychomoteur de l’enfant facilite le troisième niveau d’organisation dyadique avec l’émergence de la locomotion, le bébé devient plus efficace dans le maintien de la proximité avec la figure d’attachement Bowlby, 1969/1982. Avec l’augmentation de sa capacité d’agir de façon intentionnelle, l’enfant assume un rôle plus actif dans l’initiation, le maintien et l’extension de ses modèles comportementaux il essaie par exemple de suivre le caregiver si celui-ci s’absente, et lui sourit ou lui fait signe s’il revient Bowlby, 1969/1982 ; Sroufe, 1989. A partir des interactions orchestrées par le caregiver émerge une relation d’attachement spécifique, caractérisée par la réciprocité Sroufe, 1989. 13Pendants les derniers mois de la première année, l’organisation comportementale du bébé reflète son rôle actif dans le système dyadique. Le donneur de soins assume le rôle de havre de sécurité ou de base de sécurité Ainsworth, 1973 autour duquel l’enfant centre ses activités exploratrices. Les différences individuelles entre les modèles de régulation dyadiques deviennent plus évidentes. Ces variations reflètent des différences dans l’histoire du mode de caregiving et dans les expectatives de l’enfant concernant la disponibilité de la figure d’attachement. 14Dans des circonstances de soins adéquats et sensibles, l’enfant, quand il est effrayé ou en souffrance, a recours à la figure d’attachement, étant donné que celle-ci, reconnaissant l’expression de ses besoins, lui offre du réconfort jusqu’à ce qu’il se tranquillise à nouveau. Au travers des interactions de ce type et à travers le partage d’émotions positives, l’enfant développe la confiance relative à la disponibilité de la figure d’attache- 15ment et à l’efficacité de ses propres initiatives. C’est ce mécanisme qui caractérise une relation d’attachement sécure ». Les relations avec un moindre degré de confiance attachement anxieux ou insécure sont associées à des soins marqués par l’indisponibilité, l’inconsistance de la proximité physique ou émotionnelle de la figure d’attachement ou par le rejet répété des signaux et comportements de l’enfant, en particulier dans les situations de Patterns d’attachement16Selon Bowlby 1969/1982, le développement favorable de l’attachement étant important pour la santé mentale, il devient impératif de distinguer un développement favorable d’un développement défavorable, et de connaître quelles conditions favorisent l’un ou l’autre. En se basant sur la perspective du développement de l’attachement, nous pouvons faire deux hypothèses pour atteindre ces objectifs 1 les différences relatives à la qualité des soins régulation par la figure d’attachement entraînent des différences dans la qualité de l’attachement régulation dyadique ; 2 les différences dans les patterns d’attachement vont influencer l’autorégulation émotionelle de l’individu. Dans cette section, nous chercherons à analyser particulièrement la contribution de Mary Ainsworth. 17Mary Ainsworth a beaucoup contribué à l’apport des études de l’attachement, notamment en trois domaines a le concept de base de sécurité ; b l’importance du rôle de la figure d’attachement ; et c la notion de sensibilité maternelle [9] aux besoins et aux signaux du bébé. 18La notion de base de sécurité désigne le fait pour la figure d’attachement de représenter un support à partir duquel le bébé peut explorer le monde avec confiance. La perception intérieure d’une relation sécure avec la figure d’attachement fonctionne comme un ancrage qui permet au bébé d’activer son système d’exploration. Dans cette ligne d’idée, la sécurité dans l’attachement est définie comme un état de confiance quant à la disponibilité de la figure d’attachement Ainsworth, et al., 1978. D’après Soares 2002, l’investigation d’Ainsworth et al. a mis en évidence que le modèle de sécurité fournie par la figure d’attachement dans un contexte relationnel se transforme en confiance dans la relation du self » avec la figure d’attachement et, postérieurement, en confiance dans le self ». C’est dans ce sens que l’auteur conçoit l’espace relationnel comme organisateur de l’attachement. 19Cette hypothèse appelle une évaluation validée des patterns d’attachement, laquelle a été opérationnalisée au travers du procédé de laboratoire connu sous le nom de Situation Etrange. 20Mary Ainsworth et ses collaborateurs ont développé ce type de procédé sur la base d’une recherche de terrain en Ouganda Ainsworth, et al., 1973, 1978 et d’observations réalisées dans le contexte familier au long de la première année de vie aux Etats-Unis Ainsworth, et al., 1978. Suite à cette étude longitudinale et aux observations à domicile, les mères et les bébés ont été observés en laboratoire avec le paradigme expérimental de la Situation Etrange, conçu pour évaluer l’organisation de l’attachement et le comportement exploratoire dans un contexte non familier et générateur d’un niveau modéré de stress. La Situation consiste en une série de huit épisodes, qui incluent des séparations et des réunions entre l’enfant et sa figure d’attachement, ainsi que l’introduction d’un adulte étranger dans la pièce d’observation. 21L’évaluation de la qualité des relations d’attachement se base sur la fréquence et la durée des comportements interactifs entre l’enfant et la figure d’attachement pendant les épisodes de réunion, après une brève séparation recherche de proximité, maintien du contact, résistance au contact. Les enfants sont classés dans une de ces quatre catégories groupe A attachement insécure évitant ; groupe B attachement sécure ; groupe C attachement insécure ambivalent ou résistant Ainsworth, et al., 1978 ; ou groupe D attachement désorganisé/désorienté Main et Solomon, 1990. La validité et la fiabilité de ce procédé ont été démontrées pour les enfants d’âges compris entre 12 et 18 mois ; la fiabilité et la fidélité de la cotation exigent une formation et de l’entraînement Carlson et Sroufe, 1993 [10]. 22Dans la Situation Etrange, un attachement sécure se reflète par l’utilisation active et la confiance de l’enfant envers la figure d’attachement pour réguler ses émotions Sroufe et Waters, 1977. Ces enfants se laissent facilement aller à l’exploration quand ils sont en présence de cette figure d’attachement et ne se méfient pas excessivement de l’adulte étranger. Quand ils sont menacés ou angoissés par la séparation, ils signalent leur besoin directement, cherchant activement la proximité et le contact avec la figure d’attachement, qui apparaît pour eux presque immédiatement tranquillisante. Les émotions négatives angoisse ou colère, exprimées durant la séparation ou pour communiquer ses besoins au caregiver, n’interfèrent pas avec l’exploration renouvelée et le partage d’émotions positives avec la figure d’attachement. 23Les enfants avec une relation d’attachement insécure évitant paraissent se confronter à l’augmentation de l’activation physiologique induite en situation de laboratoire par la mise en jeu d’un contrôle excessif de l’émotivité Main, 1981. Ils se lancent dans l’exploration, en interagissant affectivement très peu avec la figure d’attachement, en ne partageant pas l’enthousiasme pour un jouet ou pour un succès, et en faisant preuve d’une discrimination minime dans le traitement de la figure d’attachement et de la figure étrangère. Plus notable encore est le fait que ces bébés n’initient pas activement l’interaction ou la recherche de contact avec la figure d’attachement après la séparation, et que les émotions négatives la colère par exemple sont exprimées indirectement au travers de l’évitement et de l’absence de réponse. Vu la forte tendance, à base évolutionniste, des bébés humains à rechercher le contact quand ils souffrent, l’échec à le faire reflète une distorsion majeure de la régulation émotionnelle et compromet la capacité du bébé à retourner à une exploration active de qualité Ainsworth, et al., 1978. 24L’attachement insécure ambivalent ou résistant se caractérise par une inefficacité à obtenir la sécurité de la part de la figure d’attachement, malgré des efforts répétés pour la solliciter. Les bébés avec des histoires d’attachement résistant peuvent se sentir méfiants face à l’étranger et montrer une exploration pauvre, en pleurant fréquemment ou en cherchant le contact avec la figure d’attachement même avant la séparation. La simple présence du caregiver ne paraît pas les tranquilliser. Les séparations sont extrêmement stressantes et les bébés peuvent confondre la recherche de contact avec l’agressivité, la tension corporelle et les pleurs persistants lors de la réunion avec la figure d’attachement. L’anxiété et la colère exprimées interfèrent avec les tentatives du bébé pour obtenir du réconfort grâce à la proximité, et les empêchent d’explorer leur environnement. Le manque de confiance vis-à -vis de la figure d’attachement est évident. 25Le groupe de bébés avec un attachement désorganisé/désorienté, un pattern plus récemment découvert, met en évidence une série de réponses comportementales indirectes ou mal dirigées, dans le contexte de la Situation Etrange. 26Main et Salomon 1990 ont été les pionniers de l’identification des signaux de désorganisation de l’attachement chez les bébés de 12-18 mois, observés en présence de la figure d’attachement a manifestation séquentielle et/ou contradictoire de comportements ; b mouvements et expressions non dirigés, incomplets ou interrompus ; c stéréotypies, mouvements asymétriques et postures anormales ; d mouvements et expressions de stupéfaction, immobilisation et lenteur ; et e expressions d’appréhension et de peur relativement à la figure d’attachement [11]. 27La désorganisation de l’attachement a été associée à des comportements parentaux très perturbés et terrifiants frightened/frightening pour les enfants qui vivent une situation de stress. Dans ces conditions, la figure parentale peut générer la peur et l’appréhension, en mettant l’enfant dans une situation de conflit insoluble, puisque la source d’apaisement est aussi la source de la peur, et que l’enfant ne peut simultanément rechercher et fuir sa figure d’attachement [12] Main et Hesse, 1990. 28L’évaluation en âge préscolaire se doit de porter une attention particulière aux nouveaux défis de développement 1 le système d’attachement n’est pas, maintenant, aussi facilement activé ; 2 le répertoire comportemental exhibé par les enfants est plus riche ; et 3 ses capacités linguistiques et représentationnelles pour une possible évaluation au travers du discours sont encore primitives et très variées. Les évaluations disponibles incluent le Marvin et Cassidy Attachment Classification System Cassidy et Marvin, 1992, le Preschool Assessment of Attachment Crittenden, 1994, et le Main and Cassidy Classification System Main et Cassidy, 1988. 29Les études transculturelles plaident en faveur de l’universalité de l’attachement Bowlby, 1969/1982 et de la présence des principaux patterns d’attachement dans l’enfance dans diverses cultures et contextes sociaux Van Ijzendoorn et Sagi, 1999. Dans les différentes cultures, et indépendamment du style de caregiving p. ex. famille nucléaire ou réseau de prestation de soins, sauf en cas d’extrême détérioration neurologique ou de grave privation de soins, les bébés ont tendance à organiser leurs comportements d’attachement autour de prestations de soins spécifiques [13]. 30Les trois patterns de base de l’attachement attachement sécure, évitant et résistant ont été observés au sein de cultures occidentales et non occidentales, en Afrique, en Chine, en Israël, au Japon, en Europe Angleterre, Allemagne, Suède, Espagne, Portugal [14] ainsi qu’en Amérique du Nord et en Amérique du Sud Canada et Etats-Unis, Mexique et Colombie. Dans ces cultures, la majorité des enfants présentent des relations d’attachement sécure. Des variations culturelles spécifiques ont encore été observées pour les distributions insécures et leurs sous-groupes. Ayant pour base d’investigation l’AQS Vaughn et Waters, 1990, les experts et les mères paraissent conceptualiser et évaluer la sécurité de l’attachement d’une façon semblable dans diverses cultures Colombie, Allemagne, Israël, Japon et Etats-Unis Posada, Waters, Crowell, et al., 1995.Qualité des relations d’attachement31Selon la théorie de l’attachement, la nécessité de contact humain, de tranquillisation et de réconfort face aux maladies, aux dommages physiques et aux menaces est une réponse normale tout au long du cycle de vie. Cette nécessité est particulièrement apparente dans les phases initiales du développement, quand la survie physique et émotionnelle dépend de la relation d’attachement. 32L’hypothèse de Bowlby, mentionnée antérieurement, qui avance que les différences dans le caregiving donnent lieu à des différences dans la qualité de l’attachement, a reçu un support empirique. La réponse du caregiver pendant la première année de la vie se trouve associée à la qualité de la relation d’attachement évaluée autant dans un contexte familier qu’en laboratoire une réponse adaptée et efficace aux signaux du bébé est associée à un attachement sécure dans la Situation Etrange à 12 mois et à moins de comportements mal-adaptatifs p. ex. pleurs excessifs et exploration pauvre ; Ainsworth, et al., 1978. 33Au contraire, un soin moins sensible dans le contexte familier retard dans les réponses à la perturbation du bébé et comportements moins affectueux a été mis en relation avec un attachement insécure évalué en laboratoire Ainsworth, et al., 1978 ; Blehar, Lieberman, et Ainsworth, 1977. Le caregiving caractérisé par l’indisponibilité émotionnelle et le rejet chronique est en lien avec une relation insécure évitante Main, 1981. Les soins simultanément intrusifs et peu adaptés, peu congruents et peu fiables, ont été associés à un attachement insécure résistant. 34D’après les études d’Ainsworth et al. 1978, l’attachement sécure est relié aux comportements maternels suivants a contact physique fréquent et soutenu entre le bébé et sa mère, spécialement pendant les six premiers mois, capacité maternelle à calmer son bébé, en le prenant dans ses bras ; b sensibilité maternelle aux signaux du bébé, et, en particulier, capacité à gérer ses interventions en harmonie avec les rythmes du bébé ; c une ambiance contrôlée et prévisible, qui permet au bébé d’inférer les conséquences de ses propres actions ; d plaisir mutuel ressenti par la mère et le bébé. 35L’évitement est associé à quatre aspects principaux du comportement maternel a rejet chronique ; b rejet spécialement communiqué par des réactions au contact corporel proche ; c colère contenue ; et d ajustement généralement compulsif. Main 1977 a avancé l’hypothèse que le relatif manque d’expressivité émotionnelle, caractéristique des mères du groupe évitant, peut être attribué à un effort des mères pour contrôler leur colère. C’est le rejet implicite de la colère ressentie qui affecte le bébé, malgré la tentative maternelle de la contenir. On pense qu’un ajustement compulsif de ce type rend la mère moins consciente des signaux du bébé et, par conséquent, moins à même de répondre efficacement Ainsworth, et al., 1978. 36La relation entre sécurité dans l’attachement en laboratoire et sensibilité du caregiver en contexte familial a été amplement confirmée Grossmann, Grossmann, Spangler, et al., 1985 ; NICHD, 1997, spécialement par les investigateurs proches de la méthodologie utilisée par Ainsworth observations extensives, mesures adaptées et bébés d’âges comparables Pederson, Gleason, Moran, et Bento, 1998 ; Posada, Jacobs, Carbonell, et al., 1999. 37Des études récentes ont aussi confirmé le lien entre le pattern d’attachement désorganisé et une série de comportements parentaux effrayants ou confus Jacobitz, Hazen, et Riggs, 1997 ; Lyons-Ruth, Bronfman, et Parsons, 1999. La relation entre l’expérience de prestation de soins et la qualité de l’attachement est encore attestée par des études en situation de mauvais traitements. Les bébés et petits enfants objets de mauvais traitements ont une tendance significativement plus élevée à former des relations d’attachement insécure avec leurs figures d’attachement primaire évitant, résistant et désorganisé, bien plus que les bébés de familles au statut socio-économique bas Carlson, et al., 1989 ; Egeland et Sroufe, 1981 ; Carlson, 1998 ; Crittenden, 1988 ; Lyons-Ruth, Repacholi, McLeod, et al., 1991 ; Schneider-Rosen, Braunwald, Carlson, et Cichetti, 1985. La désorganisation de l’attachement des bébés a aussi été mise en relation avec des expérience parentales de pertes, de facteurs psychosociaux p. ex. dépression Lyons-Ruth, et al., 1991 ; Radke-Yarrow, Cummings, Kucznyski, et al., 1985, d’ambiance de soins associées à l’alcoolisme prénatal O’Connor, Sigman et Brill, 1987 et d’exposition aux drogues Rodning, Beckwith, et Howard, 1991. 38La contribution du tempérament du bébé à la sécurité de l’attachement a été amplement étudiée bien qu’aucune liaison directe n’ait été trouvée entre le tempérament initial du bébé et la qualité de l’attachement Vaughn et Bost, 1999, le tempérament est associé à certains aspects de l’attachement. La propension à la perturbation et à la réactivité au cortisol prédit l’intensité des pleurs durant les séparations dans la Situation Etrange à 9 mois Gunnar, Mangelsdorf, Larson, et Hertsgaard, 1989 ; Spangler, et Grossmann, 1993. Toutefois, ce niveau de perturbation ne prédit pas la qualité de l’organisation de l’attachement ou la facilité d’obtenir du réconfort dans la présence de la figure d’attachement – le grand marqueur de sécurité. 39Comme la sécurité vis-à -vis de la figure d’attachement est en relation avec l’histoire interactive de la dyade, le même enfant peut développer un attachement sécure avec un des parents et un attachement insécure avec l’autre Grossmann, Grossmann, Huber, et al., 1981 ; Main et Weston, 1981, ou passer d’un attachement insécure vers un attachement sécure avec le même parent quand surviennent des changements significatifs dans les circonstances de vie Egeland et Farber, 1984. 40Il est à souligner que certains bébés peuvent se montrer très difficiles et mettre en péril le système de caregiving. Toutefois, quand un soutien aux parents est donné de façon adéquate, les soins sensibles permettent de mieux affronter les difficultés de ces enfants Crokenberg, 1981 ; Susman-Stillman, Kalkowske, et Egeland, 1996. Le risque d’un attachement insécure semble provenir d’une combinaison spécifique des exigences élevées du bébé associées à des difficultés inhérentes au caregiver p. ex. propension du bébé à la perturbation associée à un type de soins exagérément rigides ; Gunnar, 2001 ; Mangeldorf, Gunnar, Kestenbaum, et al., 1990. 41Les changements dans le caregiving varient depuis des changements de routine p. ex. soins en crèches jusqu’aux changements très graves p. ex. multiples colocations en familles d’accueil temporaire et institutionnalisation, avec des conséquences très diverses. En général, les effets dépendent du moment, de la durée de la perturbation et de la mesure dans laquelle la disponibilité émotionnelle de la figure d’attachement est compromise. 42Les conséquences de la vie en crèche pour la sécurité de l’attachement ont aussi été étudiées en général, quand le séjour en crèche pendant la première année de la vie est à temps partiel, qu’il est stable et de qualité élevée, on ne met en évidence aucune conséquence négative Sroufe et Ward, 1984. Toutefois, les soins précoces en crèche à temps complet peuvent présenter des risques, étant donné que les résultats négatifs les plus évidents surviennent en la présence simultanée de soins de qualité réduite à la maison et hors de la maison Belsky, 1990 ; NICHD, 1997, 2007. La recherche a souligné l’importance de la qualité de soins hors du contexte familial pour le développement postérieur des enfants Anderson, 1992 ; Vandel et Corasaniti, 1990. 43Les perturbations plus graves de caregiving dans l’enfance incluent les hospitalisations, les séparations, les expériences d’adoptions et de familles d’accueil temporaires. Robertson et Robertson, en collaboration avec Bowlby, ont été les premiers à documenter les effets sur le bien-être de l’enfant des conséquences de la séparation enfant-figure d’attachement au cours des hospitalisations précoces Robertson, 1953 ; Robertson et Robertson, 1971. L’évidence de signaux de deuil chez les bébés protestation, désespoir et détachement après des séparations prolongées a alerté les professionnels de santé et généré des changements significatifs dans les pratiques et politiques pédiatriques de plusieurs pays. Malgré ces découvertes et les liens découverts entre expériences d’hospitalisation précoce et perturbations postérieures du comportement Douglas, 1975 ; Quinton et Rutter, 1976, peu d’études ont examiné l’impact de l’hospitalisation dans le développement des relations d’attachement. 44La sécurité dans la relation d’attachement en cas d’adoption a été associée au moment de la transition et à la qualité des soins. Les études réalisées dans ce contexte suggèrent que les bébés adoptés lors des premiers mois de la vie ont une probabilité élevée de développer des relations d’attachement sécures presque équivalentes aux bébés non adoptés Norhaus et Solnit, 1990 ; Singer, Brodzinsky, Ramsay, Steir, et Waters, 1990. En particulier, quand l’ambiance est chaleureuse, consistante et contingente vis-à -vis des besoins du bébé, l’attachement en situation d’adoption, lorsqu’il est construit tôt dans le processus de développement, diffère peu de celui qui est établi entre parents et leurs enfants biologiques Singer et al., 1985. Toutefois, les enfants adoptés à des âges plus tardifs ont une plus grande probabilité de présenter des difficultés d’ajustements socio-émotionnels et comportementaux Feigelman et Silverman, 1983 ; Tizard, 1977 ; Tizard et Hodges, 1978. Ces difficultés dans les adoptions tardives sont multi-déterminées et incluent les expériences antérieures à l’adoption et d’autres facteurs associés au moment de l’adoption expérience de l’enfant et compréhension de la séparation et de la perte. 45Actuellement, on a commencé à étudier les effets du caregiving en familles d’accueil temporaire sur le développement de l’organisation de l’attachement. Les découvertes initiales confirment les effets sévères des expériences précoces de mauvais traitements p. ex. abus et négligence émotionnelle et physique, séparation, perte et placements multiples Stovall et Dozier, 2000 ; Fisher, Gunnar, Chamberlain, et al., 2000. Les perturbations traumatiques dans le caregiving paraissent amener des distorsions dans les relations d’attachement et dans le développement de comportements mal-adaptatifs p. ex. sociabilité indiscriminée et terreur des étrangers et des perturbations dans la perception et l’interprétation des indices sociaux Stovall et Dozier, 2000. 46La grande importance de la communication affective entre les bébés et leurs parents est illustrée autant par des recherches classiques que par des recherches relatives aux effets de l’institutionnalisation dans le développement des enfants. Les études classiques de Spitz 1946 ont mis en évidence que le développement perceptif, moteur, cognitif et émotionnel du bébé survient au travers de l’interaction avec l’adulte, figure d’attachement primaire, et l’absence d’une relation avec un partenaire humain peut être le moteur d’une désintégration du développement. La privation, suivie d’une mise en famille d’accueil temporaire, a été associée à des problèmes émotionnels et comportementaux p. ex. comportements hétéro- et auto-agressifs, recherche d’attention, hyperactivité et troubles alimentaires. En accord avec les études initiales, les recherches récentes avec des enfants en institution Chisholm, 1998 ; Kaler et Freeman, 1994 ; Marcovitch, Goldberg, Gold, et al., 1997 ; O’Connor, Bredenkamp, Rutter, et al., 1999 ont révélé des difficultés relationnelles majeures dans leurs familles adoptives p. ex. agression, sociabilité indiscriminée, hyperactivité et problèmes avec les partenaires. Ces effets sont plus nets quand l’institutionnalisation perdure au-delà de la première année de vie, en comparaison avec ceux d’une institutionnalisation limitée à quelques mois Gunnar, 2001 ; O’Connor, et al., 1999.Attachement et psychopathologie47Les perturbations de la relation d’attachement ne sont pas considérées comme des perturbations propres à l’enfant, mais comme des marqueurs relationnels d’un processus pathologique, et comme un facteur de risque pour la survenue d’une pathologie subséquente Sroufe, Carlson, Levy, et Egeland, 1999 ; Sroufe, Duggal, Weinfield, et Carlson, 2000 [15]. 48Un attachement sécure ne garantit pas le bien-être, mais il augmente la résistance au stress et promeut la résilience Pianta, Egeland et Sroufe, 1990. Les patterns d’attachement insécure dans l’enfance sont des adaptations provisoires qui maximisent, dans la mesure du possible, le maintien de la proximité avec la figure d’attachement dans un contexte d’indisponibilité ou de disponibilité intermittente de cet adulte. Les enfants aux patterns insécures évitants maintiennent la proximité au caregiver en minimisant les signaux de stress et de négativité qui peuvent l’aliéner et susciter le rejet Main, 1981. Pour les enfants classés comme insécures ambivalents ou résistants, l’augmentation de l’intensité des signaux de stress maintient activement l’attention de figures d’attachement dont les réponses sont intermittentes. Même la désorganisation de l’attachement p. ex. stéréotypes, comportements simultanés d’approche/évitement peut permettre à l’enfant de maintenir la proximité dans un contexte de comportements parentaux effrayants et de conflit interne Main et Hesse, 1990. Ces patterns d’attachement mettent en jeu le développement à long terme, en limitant la capacité d’adaptation de l’enfant. Les individus avec des histoires insécures sont ainsi potentiellement plus susceptibles de former des relations affectives de non-support et facilement perturbées, et perdent ainsi des recours importants contre le stress et la psychopathologie. Pour les individus dont l’histoire personnelle est extrêmement sévère, chaotique et traumatique désorganisation de l’attachement, l’intégration d’expériences comportementales et émotionnelles est compromise, et les pensées et images intrusives ont tendance à intervenir de façon imprévisible et à générer des perturbations dans les relations d’attachement Carlson et Sroufe, 1995. 49Les modes dysfonctionnels de régulation précoce prédisposent les individus à des types spécifiques de comportements symptomatiques et de perturbations Bowlby, 1988 ; 1973/1979 ; 1979 ; 1980. Pour des individus avec des histoires d’attachement insécure de type évitant, le comportement symptomatique parait lié à une tentative de minimiser leurs comportements d’attachement et leurs sentiments dissimulation de l’expression émotionnelle, et croyances relatives à un soi vécu comme invulnérable, à l’idée que les autres sont hostiles et non dignes de confiance, à des relations idéalisées. L’aliénation, le manque d’empathie et l’hostilité peuvent prédisposer ces individus à des troubles de conduites et des styles de personnalité antisociale. 50Les individus aux histoires insécures résistantes, avec la baisse tolérance à la frustration, la tendance à exagérer les émotions et au maintien de croyances négatives relatives au self, peuvent être amenés, à long terme, à des sentiments de confusion face aux défis posés par l’exploration et à des difficultés accrues dans la gestion de l’anxiété Bowlby, 1973/1979 ; Kobak et Shaver, 1987. 51Les deux patterns insécures peuvent contribuer à augmenter la vulnérabilité face à la dépression aliénation et solitude ; passivité, désespoir et impotence et au développement de perturbations face à la séparation et à la perte – expériences qui ont tendance à confirmer les expectatives sur l’indisponibilité psychologique des figures d’attachement significatives Bowlby, 1980. Les individus avec un attachement désorganisé, caractérisé par une impossibilité de maintenir une stratégie d’attachement cohérente et par des postures ressemblant à des états de transe Main et Hesse, 1990, sont en risque majeur de psychopathologie de diverses natures, incluant des perturbations de type dissociatif Carlson, 1998 ; Lyons-Ruth, et al., 1991 ; Main et Morgan, 1996. 52Les données longitudinales études en grande section de l’école maternelle, à l’école élémentaire et à l’adolescence confirment les associations entre l’expérience relationnelle d’attachement et les indicateurs généraux de mauvaises adaptations. Les attachements insécures mettent les enfants à risque de développer des problèmes comportementaux, quand ils sont combinés avec des situations de vie stressantes décès d’un proche, divorce, changement de domicile de la famille,… et avec des variations familiales par exemple, naissances Erickson, Egeland, et Sroufe, 1985 ; Renken, Egeland, Marvinney et Sroufe, 1989. Cela est manifeste quand le caregiving et les facteurs contextuels négatifs sont permanents. Les changements de ces trajectoires attachementales ont été associés à des changements dans les circonstances contextuelles p. ex. soutien social. Des mesures composites de l’expérience précoce, incluant l’attachement, prédisent elles aussi la capacité d’adaptation des enfants en âge scolaire et des adolescents p. ex. classifications de santé émotionnelle attribuées par les professeurs; Sroufe, et al., 1999 ; Sroufe, Egeland, et Kreutzer, 1990. Dans le cas particulier de la désorganisation de l’attachement des enfants, cette expérience précoce prédit significativement la psychopathologie de l’adolescence, surtout si on considère l’existence de problèmes comportementaux au long de l’enfance et la qualité de la relation caregiver – enfant Carlson, 1998. 53Dans l’étude longitudinale du Minnesota, des associations spécifiques ont été trouvées entre l’expérience précoce d’attachement et le comportement antisocial, l’anxiété, la dépression et la symptomatologie dissociative Collins, 2005. Des histoires initiales d’attachement évitant ont pu être associées à l’agressivité dans la deuxième enfance Renken et al., 1989 et à l’agressivité et la délinquance dans l’adolescence, spécialement chez les garçons. Le rôle de l’histoire précoce se reflète aussi dans l’étude de deux types de comportement antisocial des adolescents Aguilar, Sroufe, Egeland, et al., 2000. Les sujets qui appartiennent à des groupes de pairs manifestant des comportements antisociaux à partir de l’enfance ou de l’adolescence, et persistant tout au long de la vie se distinguent par leur histoire socio-émotionnelle pendant leurs trois premières années de vie – monoparentalité, dépression maternelle, stress de vie, sensibilité maternelle réduite, type d’attachement insécure, mauvais traitements et peu de soutien maternel – mais pas par leur tempérament. L’attachement évitant, en combinaison avec d’autres événements de vie stressants et d’autres facteurs de risques, peut promouvoir le développement de comportements anti-sociaux Greenberg, Speltz, DeKlyen, et al., 1991. 54La perturbation face à la séparation peut cependant rester adaptative, dans un contexte de soins sensibles signalisation rapide du bébé et comportement de recherche et de proximité ; cependant, dans une ambiance de soins inconsistants, la vigilance chronique et l’anxiété peuvent contribuer à établir un mode de réponse qui se généralisera à de multiples sources de peurs et au développement d’un trouble anxieux. 55Les données longitudinales de l’étude du Minnesota ont encore déterminé que les facteurs psychosociaux précoces contribuent au développement de la symptomatologie dépressive, autant à l’enfance qu’à l’adolescence Duggal, Carlson, Sroufe, et al., 2001. Le manque de soutien émotionnel envers l’enfant et son lien avec la dépression ont apporté une immense contribution à la compréhension de la dépression dans l’adolescence. A partir de la variable composite petite enfance, l’attachement insécure prédit significativement la symptomatologie à l’adolescence, même en contrôlant tous les autres facteurs. Ces découvertes indiquent que les expériences de dérégulation émotionnelle dans la petite enfance peuvent avoir un effet durable sur l’expérience dépressive adolescente, étant donné que celle-ci se trouve associée au même phénomène chez l’adulte. 56L’attachement désorganisé et les antécédents de trauma ont été liés sur le plan théorique à l’apparition de symptômes de type dissociatifs, autant à l’enfance qu’à l’adolescence Main et Hesse, 1990 ; Putnam, 1994 ; Liotti, 1992 ; 2005. En réponse à un conflit précoce ou à une menace, les bébés ayant une histoire de désorganisation excluent certains aspects de l’expérience affective, empêchant le développement cohérent d’une organisation du self et des autres dans la relation. Dans une situation de trauma, ces enfants ont tendance à répondre par des modèles de déconnexion de stimuli préalablement établis, ce qui est un élément perturbateur pour un traitement cognitif et émotionnel normal Liotti, 1992. Les données longitudinales confirment les relations entre désorganisation et attachement, trauma et symptomatologie dissociative Carlson, 1998 ; Collins, 2005 ; Ogawa, Sroufe, Weinfield, et al., 1997. L’attachement désorganisé a été associé à la dissociation dans l’enfance et adolescence, avec des évaluations cliniques à 17 ans et demi Kiddie Schedule for Affective Disorders and Schizophrenia et des auto-questionnaires à 19 ans Dissociative Experiences Scale. Le traumatisme, à chacun de ces âges, a été mis en rapport avec la dissociation actuelle et avec la symptomatologie de la prochaine période, spécialement dans les cas de trauma chronique. Ces données suggèrent que la chronicité du traumatisme peut augmenter la probabilité de dissociation. De plus, certains individus peuvent être spécialement vulnérables à des modèles dissociatifs face au trauma parce que les comportements proto-dissociatifs précoces peuvent avoir été établis parmi des relations de soins. 57Il est toutefois indispensable de souligner qu’en général, les études longitudinales indiquent que la majorité des différences d’attachement chez les bébés ne sont pas pathologiques. Au contraire, les variations dans les patterns d’attachement représentent des conditions initiales qui accomplissent un rôle dynamique dans le développement de la pathologie et de la résilience. Les effets durables des expériences précoces peuvent dériver de la forme – de l’ambiance qui appuie ces tendances et expectatives initiales –, et de l’impact de l’expérience précoce dans la régulation neurophysiologique et affective de base. Autant la théorie que l’investigation démontre que le changement, bien que plus facile dans le jeune âge, reste possible au long du développement. 58Dans cette ligne d’idée, la sécurité dans l’attachement ne signifie pas l’immunité face aux souffrances psychologiques, mais peut aider au développement de compétences qui les minimisent ou qui aident à les vaincre. S’il existe une histoire de vie dans laquelle l’individu a eu des occasions d’interagir avec des figures d’attachement qui ont fonctionné comme havre de sécurité et base de sécurité et, à travers elles, de ressentir le self » comme compétent et méritant l’attention et le soutien des autres, en situations d’adversité le recours à des relations d’aide sera plus facile. 59Bretherton 1990 suggère que la capacité de l’individu pour discuter, de manière ouverte et cohérente, des questions d’attachement, dépend de l’adaptation de ses modèles internes dynamiques du self et des autres dans les relations d’attachement. La façon de répondre des parents aux communications de leur enfant peut modifier leurs modèles d’interaction et les modèles internes opérants des deux partenaires Tereno, 2004. L’absence d’une communication ouverte entre les partenaires peut être associée à une restriction cognitive de la fluidité de l’information sur l’attachement. Ceci s’applique, non seulement entre les deux sujets, mais aussi dans le système représentationnel de chacun, car le matériel défensivement exclu ne peut pas participer aux processus de correction d’erreurs par feedback du système mnésique de l’individu Bretherton, 1990 ; Jang, Smith, et Levine, 2002 ; Dallos, 2004. 60On sait encore qu’une histoire de vie marquée par la confiance dans les relations la communication directe des émotions, la flexibilité et l’ouverture dans l’interprétation de l’information, et la capacité de réfléchir aux états du self » et des autres pourra constituer, en situation difficile, une base de sécurité pour un travail psychologique réussi, ainsi que pour la bonne résolution des expériences de perte ou de trauma. L’investigation empirique a mis en évidence que, dans le processus psychothérapique, les familles avec une organisation sécure font preuve d’une plus grande capacité d’ouverture et sont perçues par les thérapeutes comme plus coopérantes dans les tâches et les objectifs de la thérapie, comparées à d’autres familles avec une organisation insécure. De plus, l’organisation de l’attachement sécure paraît être associée à des résultats plus favorables en psychothérapie Dollan, Arnhoff, et Glass, 1993 ; Dozier, 1990 ; Dozier, Cue, et Barnett, 1994 ; Korfmacher, Adam, Ogawa, et Egeland, 1997 ; Lieberman, Weston, et Pawl, 1991.Implications cliniques61La théorie et l’investigation de l’attachement fournissent une structure utile à l’intervention clinique, ainsi qu’un guide des pratiques cliniques et des soins parentaux généraux Berger, 1994. La pratique pédiatrique accompagne de nombreuses dimensions du développement de l’enfance précoce et de la dynamique relationnelle parent-enfant. Fréquemment, les pédiatres sont les premiers à observer et à comprendre les perturbations des enfants, chez le parent ou dans la relation dyadique. Toutefois, malgré l’attention prêtée aux perturbations d’interaction caregiver-enfant, il est difficile de diagnostiquer les difficultés d’attachement spécifiques lors de consultations cliniques de brève durée. Les comportements qui peuvent être critiques s’ils sont chroniques, peuvent être complètement appropriés face à une menace ou à des situations spécifiques. Au-delà , il est clair que toutes les difficultés relationnelles parent-enfant n’impliquent pas la présence d’une perturbation de l’attachement Sameroff et Emde, 1989. 62Pour identifier les forces et les vulnérabilités relationnelles et pour une bonne gestion clinique du cas, des évaluations sont nécessaires, qui incluent l’histoire psychosociale, des observations comportementales directes, un entretien avec les parents et, quand cela est approprié, le recueil d’auto-questionnaires de l’enfant. Cette investigation devra intégrer l’exploration de questions importantes comme les expériences de séparations, de perte, d’abus, et des signaux de comportements parentaux inadaptés ou atypiques. Les marqueurs observationnels peuvent inclure l’absence ou la distorsion du comportement de base de sécurité présence de monitorage visuel ou physique, mais peu fréquent, incapacité de s’engager dans l’exploration extrême inhibition, peur ou dépendance, perturbation extrême ou absence de perturbation lors d’une séparation avec le caregiver, agressivité extrême ou difficulté à établir des interactions avec le caregiver, contrastant avec le comportement de familiarité excessive avec les étrangers. 63De même que les difficultés relationnelles varient entre des perturbations temporaires et celles qui sont à risque élevé pour le développement futur de perturbations graves, les options d’intervention peuvent varier du soutien relationnel à l’intervention psychothérapique dyadique intensive Lojkasek, Cohen, et Muir, 1994. Le traitement des perturbations graves associées à l’attachement est complexe. Pour les enfants qui ne montrent pas de préférence à l’égard d’une figure d’attachement, le plus important dans l’intervention est le fait de promouvoir un contexte relationnel où l’enfant ait, à la fois, la disponibilité et la sensibilité des parents – un contexte dans lequel l’attachement peut se développer Robinson, 2002. Pour les enfants qui ont subi une privation relationnelle précoce, des séparations multiples ou durables, ou des traumas précoces, le processus d’intervention est généralement long et le changement peut être irrégulier, posant ainsi des défis de taille aux parents. L’évolution de l’attachement et de la régulation de l’émotion, particulièrement après l’enfance, n’est pas nécessairement parallèle au développement attendu. Par exemple, les comportements d’attachement peuvent s’exprimer sous forme d’une perturbation excessive dans la séparation ou inconsolable lors des rencontres, de crises de colère ou de rage face à la moindre frustration, ou de comportements d’attachement très intenses et exigeants. Tandis que la relation d’attachement s’établit, les comportements mal adaptés par exemple, sociabilité indiscriminée et comportements à risque peuvent persister. Les stratégies d’interventions intégratives dirigées vers les questions de développement multiple et vers l’éducation et le soutien parental sont donc fondamentales. 64Pour les enfants et les parents dont les relations sont déjà établies, les variations au sein du modèle thérapeutique peuvent représenter des différences dans les portes d’accès directs et indirects au système dyadique comportement de l’enfant ; représentation et comportements parentaux ; interaction enfant-caregiver ; soutien à la relation Stern, 1995. Ces variations de techniques psychothérapeutiques enfant-parent ne sauraient être évaluées précisément en termes de résultats. Des effets différentiels, spécialement en ce qui concerne les différentes sous-populations, dérivent de la nature du cadre thérapeutique et de la relation avec le thérapeute. Les aspects importants du traitement, communs aux différentes approches, incluent l’aspect séquentiel comme la méthode Touchpoints » de Brazelton, 1992 qui caractérise le développement rapide de l’organisme de l’enfant et du système familial, l’importance d’une relation positive dans la thérapie, et une emphase sur les forces relationnelles et sur l’expérience émotionnelle. D’une façon générale, la revue de la littérature indique qu’il n’existe pas de solutions rapides pour les perturbations relationnelles parent-enfant. Les stratégies d’intervention sont importantes, incluant les protocoles déjà établis, qui enseignent les pratiques de parentalité, via la construction de relations de travail et de partenariat avec les parents basées sur la sensibilité et l’empathie Robinson, 2002. 65En général, la recherche sur l’intervention indique que, spécialement chez les populations à risque élevé, l’intervention doit commencer tôt, inclure directement les parents, se rapporter aux aspects émotionnels de la relation de soins et, plus important encore, garantir une ambiance thérapeutique sécure et soutenante Robinson, 2002 ; Egeland, Weinfield, Bosquet, et al., 2000. 66Le travail clinique est naturellement riche en transmission générationnelle ; les histoires que nous étudions émergent de scénarios interpersonnels qui s’étendent tout au long du développement des protagonistes. Ce travail nous amène à croire à la capacité de transformation personnelle et interpersonnelle les histoires de vie marquées par l’adversité ne produisent pas toujours d’autres histoires négatives. Le cycle peut se rompre même sans connaître en profondeur les mécanismes de transmission et de changement, nous savons que le changement vers la sécurité peut survenir grâce à l’engagement dans une relation émotionnellement investie et féconde. La psychothérapie peut être une opportunité pour explorer de nouveaux parcours et pour construire de nouveaux sens à l’existence personnelle et familiale Soares, 2002. 67Au-delà du fait de donner des lignes directives à la psychothérapie, la théorie et l’évaluation de l’attachement ont constitué la base de modèles psychothérapeutiques. Dans ce contexte, on peut distinguer le modèle constructiviste de développement de Guidano 1987, 1991 et le modèle cognitiviste évolutionniste de Liotti 2000. Dans le contexte psychanalytique, quelques auteurs ont cherché à systématiser les applications à la psychothérapie de la théorie et de l’investigation de l’attachement, tels Holmes 2001, Fonagy 2001 et Slade 1999. On distingue encore les contributions de Byng-Hall 1999 ; 2001 dans une perspective systémique, les applications en thérapie conjugale proposée par Clulow 2001 et l’approche psychothérapeutique parents-enfant, proposée par Lieberman, Weston et Pawl 1991, toutes particulièrement importantes pour la thématique pédiatrique. Reflétant l’intérêt croissant pour les applications cliniques, un numéro du magazine Attachment and Human Development a été précisément consacré à cette problématique dans le contexte des institutions de santé mentale cf. Schuengel et van IJzendoorn, 2001.Conclusion68Une des tâches primordiales de l’enfance est la formation de relations d’attachement envers les figures significatives prodiguant les soins. La théorie et les études empiriques de l’attachement indiquent que les variations dans la qualité des soins donnent lieu à différents patterns comportementaux et de régulation émotionnelle chez l’enfant, et à des attentes qui ont des effets dans le fonctionnement individuel à long terme. Ces prémisses centrales de la théorie de l’attachement nous rappellent la nécessité humaine du contact physique et de la garantie émotionnelle dans l’enfance. Si l’on considère l’universalité de ce besoin et ses implications pour la survie, il n’est pas surprenant que les enfants s’attachent à ceux qui les soignent. Toutefois, comme les différences individuelles observées dans l’attachement sont décrites par des variations de modélisation du comportement, les modèles de description quantitative communément utilisés comme attaché, pas attaché, très ou peu attaché ont peu de sens, n’étant pas utiles pour expliquer les relations précoces. 69Les relations d’attachement se développent par phases à partir des relations non discriminantes figures d’attachement interchangeables, à l’organisation de l’attachement autour d’une personne préférée caregiver qui répond avec le plus de fréquence aux nécessités du bébé, à l’organisation comportementale autour d’une hiérarchie de figures d’attachement. La théorie et l’investigation de l’attachement indiquent qu’il n’existe pas de période critique unique après la naissance ou à un âge précoce qui consolide la relation figure d’attachement–enfant [16]. Le contact peau à peau ou psychologique de la mère avec l’enfant après la naissance n’est pas un prérequis pour l’attachement, bien qu’il marque le début de certains processus parentaux importants. Les attachements des bébés aux figures d’attachement primaires, ainsi que les liens de ces derniers aux premiers, se construisent au fil du temps au travers de multiples interactions. C’est une disponibilité physique et émotionnelle consistante qui s’avère critique pour le développement d’attachement sécure pour les bébés et qui fonde le fonctionnement adaptatif. 70Les relations d’attachement sont spécifiques à chaque personne. Les bébés construisent des patterns de relations d’attachement différents avec des donneurs de soins distincts, et la qualité de chaque relation dépend de la qualité de l’interaction et du soin. L’investigation des effets d’une ambiance construite par de multiples caregivers souligne l’importance du temps individualisé pour chaque dyade parent-enfant [17], ainsi que le support social et émotionnel fourni à la relation. Ce soutien socio-émotionnel a un impact sur les relations d’attachement à divers niveaux a il facilite l’expression de la sensibilité des parents, sans les surcharger ; b il fournit des relations alternatives aux enfants à risque ; c il modère les effets du tempérament des enfants difficiles ; et d il assiste les relations caractérisées par des besoins atypiques tels qu’enfants handicapés ou avec des retards de développement. 71Contrairement aux croyances populaires, la réponse aux pleurs d’un bébé de moins de douze mois n’augmente pas sa dépendance à l’égard des adultes. En effet, les bébés auxquels, dans les premiers trois mois, on répond toujours et aisément, pleurent moins à la fin de la première année Ainsworth et Bell, 1974. Les réponses sensibles et consistantes aux signaux de l’enfant leur donnent le retour de leur comportement de signalisation, inculquant au bébé un ensemble d’attentes en rapport à leurs compétences et à leur valeur propre. De la même manière, un soin consistant et une réponse empathique permettent le développement de l’empathie chez l’enfant. Ils apprennent les modèles de relation soigner/ être soigné et la régulation des émotions au travers des expériences qu’ils vivent Sroufe, 1983. 72Les variations de la qualité de l’attachement sont des conditions initiales qui, dans un contexte où les facteurs biologiques et environnementaux viennent s’additionner, jouent un rôle dynamique dans le développement du fonctionnement socio-émotionnel de l’individu. Les enfants ne sont pas invulnérables, bien qu’ils ne restent pas déterminés à jamais par des patterns relationnels précoces. 73L’évaluation de l’attachement nous éclaire sur les effets chez les enfants d’expériences précoces associées aux soins quotidiens hors de la maison p. ex. crèche, séparation p. ex. hospitalisation et de perturbations significatives de prestation de soins p. ex. adoption et familles d’accueil. D’un côté, il se vérifie que des soins en crèche sont moins nocifs s’ils sont à temps partiel et de bonne qualité peu d’enfants pour un même éducateur, continuité des figures au fil du temps et besoins physiques et émotionnels sécures; Sroufe et Ward, 1984. Par contre, les soins hors de la maison à plein temps et inadaptés, particulièrement s’ils débutent durant la première année de vie du bébé, quand ils se combinent avec une insensibilité parentale, peuvent fragiliser les bébés et engendrer des difficultés de développement en particulier l’agressivité ; Belsky, 1990 ; NICHD, 1997 ; 2007. 74De plus, la théorie et l’évaluation de l’attachement mettent en cause les pratiques de séparation parent-enfant quand l’enfant est malade ou au cours de procédures médicales douloureuses. La présence d’un soutien de la part des figures relationnelles significatives permet aux petits enfants de combattre et de mieux récupérer du trauma et du stress. 75Les perturbations significatives dans la qualité des soins sont importantes au niveau biologique, comportemental et représentationnel, même pour les petits bébés. Le moment, la qualité du soin, le nombre d’expériences préalables et les relations de soutien, sont des variables critiques pour la détermination des effets de ces perturbations. Cependant, l’intervention ou le soutien ne se montrent jamais inutiles et ne sont jamais trop tardifs. 76Reçu en septembre 2006, accepté en février 2007RemerciementsL’élaboration de cet article a bénéficié de l’aide du laboratoire Neofarmacêutica, auteurs portugais remercient le Pr Elizabeth Carlson pour avoir aimablement mis à disposition une partie de sa réflexion autour du thème de cet article, lequel a été actualisé, adapté et développé en fonction de la culture médicale portugaise et version française de ce manuscrit a été révisée par le Dr Fabienne Perdereau et par le Pr Antoine Guedeney auxquels nous exprimons notre profonde gratitude. Notes [1] [2] Boursière de Doctorat par la Fondation pour la Science et la Technologie, Portugal. [3] Faculté de Médicine, Université de Lisboa, Portugal. [4] Institute of Child Development, Université du Minnesota, USA. [5] L’attachement est un type spécifique de lien appartenant à un ensemble plus vaste de liens que Bowlby et Ainsworth ont désignés par le terme de liens affectifs ». D’après Ainsworth 1985, le concept d’attachement peut être défini par un ensemble de critères, à savoir a il est persistant et non transitoire ; b il concerne une figure spécifique et reflète le besoin de proximité d’un individu envers un autre ; c il traite d’une relation émotionnellement significative ; d l’individu désire maintenir la proximité ou le contact avec cette figure, encore que cela puisse varier en fonction de divers facteurs, comme l’âge, l’état de l’individu ou les conditions du milieu ; e l’individu sent une certaine perturbation face à une situation de séparation involontaire et surtout quand il désire cette proximité et que celà n’est pas possible ; f l’individu recherche de sécurité et de réconfort dans la relation avec cette personne. Ce dernier critère est déterminant pour la distinction entre liens parentaux » et attachement des enfants aux parents » Cassidy, 1999. [6] D’après Soares 1996, l’utilisation, par l’enfant, de la figure d’attachement comme havre de sécurité » n’implique pas l’expérience de peur ou de menace chez l’enfant, alors que rechercher la mère ou rester auprès d’elle comme dans un refuge », signifie que l’enfant est au moins un peu alarmé. Si, après avoir trouvé ce refuge, l’enfant parvient à se sentir rassuré, à même de retourner à l’exploration, alors la figure d’attachement devient une base de sécurité ». [7] Expliquant de façon conceptuelle le système d’attachement comme séparé du système d’exploration, Bowlby considérait toutefois leurs fonctionnements comme étant interdépendants. La qualité de l’exploration a été définie pour la première fois par Main, en 1973, comme associée à une plus longue durée des périodes de concentration de l’enfant pendant les situations de jeu avec de nouveaux jouets. Cette capacité de concentration pendant l’exploration parait dépendre a de la capacité d’organiser les émotions et les comportements de façon intéressée et soigneuse comme réponse aux évènements curieux », et b de la confiance dans la disponibilité et dans l’aide prodiguée par la figure d’attachement, si l’enfant en a besoin Grossman, Grossman, et Zimmerman, 1999. [8] Une autre caractéristique importante de cette phase concerne la capacité progressive qu’a l’enfant d’accepter la séparation plus prolongée d’avec la figure d’attachement. Son sentiment de sécurité paraît intimement lié à l’accessibilité des parents, bien que cela permette paradoxalement une plus grande capacité à tolérer leur distance Parkers et Stevenson-Hinde, 1982. Ce changement n’implique pas l’atténuation de l’attachement mais amène des modifications des facteurs qui activent le système d’attachement Marvin, 1977. A mesure que le modèle représentationnel de la figure d’attachement s’élabore au décours de l’expérience et se consolide, l’enfant devient capable de tolérer des suspensions dans la présence effective de cette figure, pour des périodes progressivement plus longues, sans souffrance significative. Ainsi, les séparations sont de mieux en mieux acceptées et leurs raisons sont comprises Ainsworth et al., 1978. [9] On peut définir la sensibilité maternelle comme la capacité de la figure maternelle de prodiguer des soins inducteurs du sentiment de sécurité, cest-à -dire des soins sensibles et adéquats. Elle s’associe à sa capacité de comprendre les caractéristiques individuelles du bébé, acceptant ses traductions comportementales. Il s’agit alors d’être capable d’orchestrer des interactions harmonieuses, surtout lors des moments de stress, et ce, de manière relativement consistante Belsky, 1999. [10] L’ attachement Q-Sort » AQS, développé par Waters et Deane 1985 fournit une alternative à l’évaluation en laboratoire. L’AQS consiste en 90 items conçus pour discerner une série de dimensions qui reflètent le phénomène de base de sécurité chez des enfants d’âges compris entre 12 et 60 mois dans un contexte naturel Waters, 1995. La classification peut être réalisée par des observateurs entraînés ou par les caregivers. Cette mesure comporte un indice de sécurité, la corrélation entre les classifications de l’observateur et les classifications critères. La fidélité intercoteurs est ajustée, puisqu’il a été vérifié que l’AQS est conforme à l’évaluation de la sécurité des bébés en Situation Etrange âgés de 12 à 18 mois. Cependant, les validations des classifications pour distinguer les sous-groupes d’insécure évitant, d’insécure résistant, et désorganisé/désorienté ne sont pas disponibles. [11] Certains de ces comportements pourront être observés chez les enfants ayant des perturbations neurologiques, ou avec des signes d’autisme. La distinction avec l’attachement désorganisé exige des précautions méthodologiques spécifiques Barnett, Hunt, Butler, Ms Caskill, Kaplan-Estrin, et Pipp-Siegel, 1999. [12] Pour Main, le comportement parental effrayant/menaçant p. ex. l’abus physique n’est pas seul à avoir des conséquences, mais aussi le comportement effrayé/menacé battering parents are, of course, directly frightening. There is now reason to believe, however, that frightened parental behaviour may also alarm an infant and leave him without a strategy Main, 1990. This outcome seems especially likely if the parent withdraws from the infant as though the infant were the source of the alarm and/or appears to be in a dissociated or trancelike state » Main, 1995, p. 426-427. [13] Les études de l’attachement de bébés et d’enfants avec des beoins spéciaux soutiennent aussi cette perspective qui conçoit l’attachement comme une adaptation d’origine biologique et comme un modèle de régulation dyadique, construit au fil du temps au travers de processus interactifs enfant-caregiver. Plus spécifiquement ces études ont démontré que Des niveaux légèrement plus élevés d’insécurité dans l’attachement ont été observés dans les populations d’enfants avec des perturbations neurologiques Barnett, Hunt, Butler, McCaskill, Kaplan-Estrin, et Pipp-Siegel, 1999. Nonobstant, les valeurs élevées de désorganisation trouvées dans ce type de population peuvent être liées à des questions de mesure p. ex. ressemblances entre les symptômes neurologiques et les marqueurs de désorganisation ; Pipp-Siegel, Siegel, et Dean, 1999 et pas tellement avec la qualité de la relation d’attachement avec le caregiver Barnett et al., 1999.Les bébés et petits enfants porteurs de syndrome de Down trisomie 21 atteignent les mêmes stades de développement que les enfants sains, mais à un rythme plus lent – la consolidation de la relation d’attachement se fait entre les 12 et les 24 mois Cicchetti et Beeghly, 1990 ; Thompson, Cicchetti, Lamb, et al., 1985.En ce qui concerne les enfants autistes, les études montrent qu’ils sont capables de former des relations d’attachement avec le caregiver Capps, Sigman, et Mundy, 1994 ; Rogers, Ozonoff, et Maslin-Cole, 1993 ; Shapiro, Sherman, Calamari, et al., 1987 ; Patone, et Rogers, 1984 ; Sigman, et Ungerer, 1984 et qu’environ 50% des bébés autistes présentent des attachements sécures Capps, Sigman, et Mundy, 1994 ; Shapiro, et al., 1987.Les études qui comparent des bébés modérément prématurés et des bébés à terme ont révélé qu’il n’existe pas de différences dans la sécurité des relations d’attachement Rode, Chang, Niau, et al., 1981. Les exigences particulières des bébés prématurés peuvent être médiatisées par la réponse du caregiver, résultant dans le développement des patterns régulateurs adaptatifs de la dyade et donner lieu à des relations d’attachement de qualité Cox, Hopkins, et Hans, 2000.Les diagnostics de Retard de Croissance Failure to thrieve ont été associés à des niveaux élevés d’attachement insécure désorganisé dans les cas des plus sévères déficits du poids en populations à risque Crittenden, 1987 ; Valenzuela, 1990 ainsi que pour des échantillons de patients ambulatoires Ward, Kessler, et Altman, 1993 ; Ward, Lee, et Lipper, 2000.Les facteurs parentaux, comme, par exemple, les conflits conjugaux, la psychopathologie maternelle p. ex. dépression et le stress familial, sont des facteurs contributifs des problèmes de sommeil Sadeh, 1996, étant donné que les mères des enfants avec des perturbations de sommeil sont plus à même d’exhiber des représentations distordues et détachées de leurs bébés Benoit, Zeanah, Parker, et al., 1997 et de leurs propres expériences de soins Benoit, Zeanah, Boucher, et al., 1992. [14] Soares I., Santos P., Jongenelen, et al. 1996 ; Soares I., Silva C., Cunha J., Costa O., Santos P. 1999a ; Tereno S. 2007. [15] Dans une perspective de classification psychiatrique, les perturbations d’attachement dans l’enfance sont définies comme des perturbations marquées dans les relations sociales de l’enfant, commençant avant l’âge de cinq ans, qui proviennent de divers contextes sociaux et se distinguent de perturbations inhérentes au développement. Elles peuvent être de deux types a réponses excessivement inhibées, hyper-vigilance ou forte ambivalence à l’égard des prêteurs de soins adultes ; et b sociabilité indiscriminée excessive sociabilité avec des étrangers et un échec relatif à manifester des attachements sélectifs ajustés. Au-delà de ces indicateurs, le DSM-IV recherche des évidences de soins caractéristiquement pathogéniques, incluant insouciance persistante par rapport aux nécessités émotionnelles et physiques de l’enfant ou changements répétés de figure d’attachement primaire. Il faut souligner que les critères de diagnostic des Perturbations d’Attachement de zéro à trois ans NCICP, 1994 mettent l’accent sur les irrégularités de l’ambiance plutôt que sur les comportements enfantins. Toutefois, la fiabilité et la validité de ces schémas de classification ne sont pas supportées Boris, et Lieberman 2000, afin d’élargir ces classifications psychiatriques, ont montré trois catégories de perturbations a perturbations de non-attachement ; b distorsion de base de sécurité ; et c perturbations d’attachements disruptives. Dans l’enchaînement du DSM-IV et de l’ICD, les perturbations relatives à la non préférence d’une figure d’attachement sont définies comme des non-attachements avec retirée émotionnelle et non-attachement avec sociabilité indiscriminée. Les distorsions de base de sécurité incluent les perturbations d’attachement avec risque pour le self activités excessivement dangereuses ou risquées, avec attachement/inhibition absence de comportements exploratoires, avec vigilance/hyper-soumission émotionnellement inhibé et comportement de peur et d’inversion de rôles préoccupation de l’enfant pour le bien-être émotionnel de l’adulte. La perturbation d’attachement disruptif, la troisième catégorie majeure s’applique aux enfants qui ont développé une réponse de protestation, de désespoir ou non-attachement envers une séparation significative par rapport à la figure d’attachement ou une perte soudaine. Plus que n’importe quel autre diagnostic, ceux-ci sont validés par une plus grande association entre perturbations relationnelles sévères et perturbations d’attachement; d’ailleurs, seule une fidélité marginale a été démontrée Boris, Zeanah, Larrieu, et al., 1998. [16] Bowlby 1958 considérait initialement que la première année de vie des enfants était une période sensible dans l’établissement de la relation d’attachement, soutenant que la carence de soins de la part d’une figure stable constitue, dans cette période, un risque pour le développement de l’enfant. Ultérieurement, l’auteur soutiendra que la période comprise entre six mois et cinq ans est aussi sensible en ce qui concerne le développement d’expectatives sur la disponibilité des figures d’attachements, encore qu’il maintienne la position selon laquelle, pendant les premiers six mois de vie, la plupart des bébés sont en état de grande vulnérabilité en ce qui concerne le développement du comportement d’attachement Bowlby, 1969/1982. [17] Quand un enfant possède plus d’une figure d’attachement, on pourrait supposer que son attachement à la figure principale pourrait être moins fort et qu’inversement, quand il possède une seule figure d’attachement, son lien à cette figure sera spécialement intense. D’après Bowlby, cette supposition n’est pas correcte it is a mistake to suppose that a young child diffuses his attachment over many figures in such a way that he gets along with no strong attachments to anyone, and consequently without missing any particular person when that person is away » 1969/1982, p. 308.
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